" Un champ ne naît point du seul caprice de la nature, mais de la volonté de l'homme qui, dans l'humilité de son labeur, appelle la terre à porter ses fruits. C'est lui qui fait blondir le blé sous l'ardeur du soleil de juillet, afin que les siens vivent du pain gagné à la sueur d'un front labouré avant même que les années ne l'eussent dû marquer. Il moissonne l'orge lorsque vient son heure, car le grain abandonné aux intempéries ne produit plus que la pourriture. La pluie qui féconde sait aussi reprendre ce qu'elle avait accordé, et les rayons d'or qui nourrissent la moisson ne sauraient sauver ce que l'homme aura négligé. Ainsi, la terre distingue ceux auxquels elle consent à remettre sa confiance. Elle accorde ses bienfaits à celui dont le labeur demeure fidèle, dont la patience accompagne chaque saison, et dont les mains ne réclament jamais davantage que ce qu'elles ont justement semé. Mais elle détourne ses faveurs de celui que gouvernent l'impatience et l'esprit de possession, car nul ne possède véritablement la terre. Celui qui prétend la soumettre ne recueille bientôt plus que les fruits de sa propre violence et l'indifférence qui l'eût lui-même condamné. "
— Un jour, sans doute.